Internet est, depuis sa création, considéré comme un espace de liberté où tout peut être dit est contredit. Pourtant, les utilisateurs de cette agora des temps modernes sont, au même titre que dans la vie réelle, soumis aux lois qui régissent leur pays. En employant des propos calomnieux, l’utilisateur s’expose devant la loi à devoir répondre de ce qu’il avance et ainsi prouver qu’il n’a en aucun cas fait preuve de diffamation, que ce soit sur Internet ou dans le monde réel.

Média par excellence, Internet propose à ses utilisateurs de plus en plus de dispositifs facilitant la communication. Apparus dans les années 2000 avec le déploiement d’une nouvelle philosophie du web : le real time web, ces dispositifs n’ont de cesse de se multiplier, ouvrant alors de nombreuses portes aux internautes pour qu’ils s’expriment. Malheureusement, cette évolution qui se veut avant tout révélatrice de progrès nécessite que ses utilisateurs soient éduqués relativement tôt aux problématiques de diffamation sur Internet. Un sentiment, un avis publié à chaud, peuvent rapidement se transformer en propos diffamatoires sur un forum, dans un fil de discussion ou sur un blog personnel.

Une personne victime de diffamation, que ce soit sur Google, dans la presse ou sur tout autre média, est protégée par la loi française.

« Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation, ou de cette imputation, est punissable même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l’identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés. C’est une infraction sanctionnée par le Droit pénal de la presse, via une jurisprudence constante, celle de la Loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881. Toute expression outrageante, terme de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure. »  — Article 29 de la loi du 29 juillet 1881

De la même manière, en mettant à jour un site personnel, en actualisant un statut ou une time-line, ou même en donnant un avis personnel, les internautes se doivent d’éviter l’emploi de propos diffamatoires sur Internet, sous peine d’être poursuivi par la personne (morale ou physique) concernée. Plus que dans la vie courante, ce risque doit être considéré avec encore plus de précautions. Internet ne peut être le lieu d’échange mettant en jeu l’honneur d’une tierce personne, si les faits avancés ne sont en aucun cas justifiés. À la différence d’une discussion à l’oral, Internet garde en mémoire tout ce qui est publié. Une erreur d’inattention, un acte impulsif et vous pouvez être sujet à une plainte pour diffamation sur Internet.

Nous l’avons compris, la diffamation d’une personne ou d’une société est interdite. En cas de plainte pour diffamation sur Internet, vous risquez d’encourir une amende si la personne ciblée décide de porter l’affaire devant un Tribunal. Mais, au-delà de faire attention à ce que l’on dit, il est également conseillé de faire attention à ce qui est dit sur soi… Protéger sa réputation, et par la même occasion lutter contre toute diffamation sur Google est devenu ces dernières années une priorité pour les entreprises, mais pas encore pour les particuliers. Si de plus en plus d’entreprises ont intégré ce risque, encore beaucoup de personnes ne sont pas sensibilisées à lutter contre, et sont très facilement victimes de diffamation sur Facebook, ou divers réseaux sociaux…

Les réseaux sociaux offrent un espace très favorable à la diffamation. Sur Facebook par exemple, un statut ou une photo mal interprétée ou mal perçue par l’entourage, et une pluie de commentaires peut s’abattre sur votre profil en l’espace de quelques heures seulement. Très souvent, ce type de propos diffamatoires sont dirigés envers des mineurs qui n’ont pas les moyens de se défendre efficacement. Trop gênés pour en parler à leur famille, cela peut facilement dégénérer et se retourner contre les familles si la victime pour se défendre n’évite pas d’employer à son tour des propos diffamatoires.

Vous êtes accusé ou victime de diffamation sur un forum, alors que c’est faux ? Avant toute chose vous devez vous dire qu’un propos diffamatoire sur un forum va tôt ou tard apparaître dans les moteurs de recherche, et donc nuire à votre image. En tant que victime, le seul recours que vous ayez est de porter plainte rapidement en apportant les preuves justifiant qu’il s’agit bien de diffamation. Si vous êtes accusé de diffamation, vous êtes considéré coupable par la justice sauf si vous pouvez justifier de faits réels, dans ce cas il ne s’agit plus de diffamation. Si vous êtes véritablement coupable, vous pouvez évidemment faire preuve de bonne foi en attestant que vous pensiez que ce qui a été exprimé était vrai, et que vous pensiez avant toute chose informer et non nuire. Mais comme nous rappelle l’adage « prudence est mère de sûreté » !